Bonne pioche pour les Amis du Boulevard

24Heures - Gérald Cordonnier

publié le jeudi 12 janvier 2017


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Avec « La bonne planque », la troupe de comédiens romands fait mouche. Elle repart ce week-end sur les routes.

Beausobre, juste avant Noël. Il y a des signes de succès qui ne trompent pas. Quand, après une heure et demie de rires à gorges déployées, le silence et l’émotion saisissent tout à coup une salle, c’est que la rencontre entre artistes et spectateurs s’est réalisée. Une fois n’est pas coutume, la troupe des Amis du boulevard romand parcourt la Suisse romande depuis novembre avec une cuvée 2016 maîtrisée de bout en bout : La bonne planque, un classique du vaudeville écrit pour Bourvil en 1962. Une comédie populaire défendue par Pierre Aucaigne, Anne-France Tardiveau, Vincent Kohler, Maria Mettral, Jacques Vassy – qui a également imaginé une très belle scénographie en dégradés de gris – et Florian Sapey.

L’argument ? Emile vient de commettre un vol à main armée dans une banque parisienne. Pour échapper à la police, il se réfugie avec son amie Lulu dans l’appartement inoccupé d’Antoine Perrin, un pseudo-guérisseur amateur de thé et de belles dames. S’ensuivent quiproquos, péripéties et jeux de séduction pour sauver le magot, contrer l’inspecteur Péquinet ou les pulsions de Fernande, épouse du limier et amante de Perrin.

Dès les premières minutes, on sait où l’on est. Dans des années 1960 qui ne renieront jamais les clichés de l’époque, entre gouaille et gaudriole franchouillardes. Au milieu d’un public qui salue d’une salve d’applaudissements les bonnes répliques comme les entrées en scène des comédiens les plus connus. Face à un spectacle populaire qui se faufile judicieusement entre les règles (et les excès inévitables) du genre, grâce à une réécriture minutieuse – faite de grosses coupes et de nouveaux gags – et à une direction d’acteurs conduites par Antony Mettler, metteur en scène, et Frédéric Martin, producteur exécutif. Le rire est calibré, le rythme maîtrisé. Et surtout les rênes bien resserrées quand l’un ou l’autre des comédiens verse dans le cabotinage. Avec le boulevard, ce n’est jamais gagné d’avance. Autant en profiter ! (TDG)


Source - tdg.ch