Les Amis du boulevard romand glissent vers le tragi-burlesque

publié le mercredi 28 octobre 2015


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La joyeuse troupe dévoile demain sa cuvée 2015, une reprise d’André le Magnifique, avec laquelle elle tournera jusqu’en mai.

Une fois n’est pas coutume, la troupe des Amis du Boulevard Romand tourne le dos aux portes qui claquent et aux sempiternels trios amoureux mari-femme-amant. La compagnie, créée en 2008, a toujours l’ambition de faire aimer un théâtre populaire. Mais, pour sa cuvée 2015-2016, elle quitte un instant les chemins du boulevard et s’attaque à André le Magnifique, pièce aux 5 Molières, une comédie tragi-burlesque sur le théâtre, écrite par des comédiens pour des comédiens. A sa création, en 1996, ce spectacle – coïmaginé entre autres par Denis Podalydès et Michel Vuillermoz – a été un succès sur les planches avant de se retrouver adapté sur grand écran trois ans plus tard.

Aujourd’hui, il est pour la première fois monté par une compagnie romande professionnelle. Avec sur scène : Anne-France Tardiveau, Pierre Aucaigne, Vincent Kohler, Antony Mettler et Jacques Vassy.

« A la base de notre choix, il y a le coup de cœur que tous les membres de la troupe ont eu pour ce texte, explique Frédéric Martin. A chacune de nos productions, on passe plusieurs mois ensemble sur les routes. On a donc intérêt à trouver un projet qui nous motive », s’amuse celui qui assure la mise en scène avec Antony Mettler. « Plus sérieusement, cette pièce écrite collectivement est une pépite qui aborde des thèmes presque universels. Elle parle du monde du théâtre, mais, finalement, elle raconte une situation qui peut se retrouver partout, dans n’importe quelle association, équipe de football, etc. »

L’histoire que le public pourra (re)découvrir dès ce soir à Cossonay, avant la grande tournée romande qui courra jusqu’en mai ? Celle d’un maire qui décide de monter, avec sa femme et les employés communaux, une pièce afin de sauver le petit théâtre villageois de la destruction. Il engage alors un acteur professionnel en bout de course. Rien ne se passera comme prévu. Et le rat des villes perturbera le petit monde des champs où l’on parle encore avec le cœur. « André le Magnifique est l’inverse d’une pochade sans intérêt reposant sur des personnages caricaturaux et des gags faciles, observe Frédéric Martin. Dans cette pièce, il y a tous les ingrédients d’une bonne comédie – des rebondissements, du comique de situation, des surprises, de l’humanité –, mais la partition est également très élaborée et rythmée. Scéniquement, c’est presque un morceau de bravoure dans lequel chaque personnage est en permanence au service de l’action et de ses partenaires. »

Virage qualitatif

Un morceau de bravoure qui permet justement de signifier l’évolution vécue ces dernières années par la compagnie créée par Pierre Aucaigne, Vincent Kohler et Thierry Meury. Celle-ci a été fondée pour redorer l’image d’un genre souvent décrié en amenant sur les plateaux romands du boulevard défendu par des artistes professionnels suisses plutôt que des productions parisiennes. Pari réussi : bon an mal an, elle séduit plus de 12 000 spectateurs à travers la Suisse romande. Mais, après une première série de spectacles qui donnaient parfois un peu trop de place aux têtes d’affiche au détriment du travail de groupe, la compagnie effectue depuis peu un virage qualitatif. Toujours avec la même famille (élargie au gré des projets), mais avec un peu moins de vedettariat. Toujours avec la même mission de défendre le boulevard, mais avec la volonté aussi de réussir à installer plus souvent de la comédie « made in local » sur les grandes scènes cantonales.


Source 24heures.ch